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de la vie : elles se renouvellent sans cesse ; et au bout de trente ans de mariage , une honnêre femme avec des graces, plaît à son mari comme le premier jour.

La diversité de fortune et d'état s'é. clipse et se confond dans le mariage, elle ne fait rien au bonheur; mais celle du caractere er d'humeur demeure , c'est par elle qu'on est heureux ou malheureux. L'enfant qui n'a de regle que l'amour , choisir mal ; le pere qui n'a de regle que l'opinion , choisir plus mal encore.

Peut-on se faire un sort plus exclusif dans le mariage ? Les biens , les maux n'y sont-ils pas communs malgré qu'on en ait , et les chagrins , qu'on se donne l'un à l'autre ne retombent-ils pas toujours sur celui qui les cause ?

Y a-t-il au monde un spectacle aussi touchant, aussi respectable que celui d'une mere de famille entourée de ses enfans, réglant les travaux de ses domestiques, procurant à son mari une vie heureuse et gouvernant sagement sa maison ? C'est-là qu'elle se montre dans toute la dignité d'une honnête femme , et c'est-là qu'elle inspire vraiment du respect, et que la beauté partage avec

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honneur les hommages rendus à la vertu. Une maison dont la maîtresse est absente est un corps sans ame qui bientôt tombe en corruprion ; une femine hors de sa maison perd son plus grand lustre, et dépouillée de ses vrais ornemens

elle se montre avec indécence.

Ce n'est pas seuleinent l'intérêt des époux, mais la cause commune de tous les hommes , que la pureté du mariage ne soit point altérée. Chaque fois que deux époux s'unissent par un næud solemoel, il intervient un engageinent tacite de tout le genre humain, de respecter ce lien sacré, d'honorer en eux l'uo nion 'conjugale ; et c'est , ce me semble , une raison très-forte contre les mariages clandestins, qui, n'offrant nul signe de cette union, exposent des caurs innocens à brûler d'une flamme adultere. Le public est en quelque sorte garant d'une convention passée en sa présence , et l'on peut dire que l'honneur d'une femme pudique est sous la protection spéciale de tous les gens de bien. Ainsi quiconque cse la corrompre , peche premiérement, parce qu'il la fait pécher , et qu'on parrage toujours les crimes qu'on fait commettre; il peche encore directement lui-même, parce qu'il yiole la foi publique et sacrée du mariage, sans lequel rien ne peut subsister dans l'ordre légitime des choses humaines.

L'amour n'est pas toujours nécessaire pour former un heureux mariage. L'hoanêreté, la veriu , de certaines conve. nances, moins de conditions et d'âges que de caracteres et d'humeurs , suffisent entre deux époux; ce qui n'empêche point qu'il ne résulte de cette union un attachement très-tendre , qui, pour n'ê. tre pas précisément de l'amour, n'en est pas moins doux, et n'en est que plus durable. L'amour est accompagné d'une inquiétude continuelle de jalousie ou de privation , peu convenable au mariage , qui est un état de jouissance et de paix. On ne s'épouse pas pour penser uniquement l'un à l'autre , mais pour remplir conjointement les devoirs de la vie civile, gouverner prudemment sa maison , bien élever ses enfans. Les amaos ne voient jamais qu'eux, ne s'occupent incessamment que d'eux, et la seule chose qu'ils sachent faire , est de s'aimer. Ce n'est pas assez pour des époux qui ont tant d'autres soins à remplir.

Pourquoi les femmes doivent-elles vi

de

ces

vre retirées et séparées des hommes ? Ferons-nous certe injure au sexe , croire que ce soit par des raisons tirées de sa foiblesse , et seulement pour éviter le danger des tentations ? Non , indignes craintes ne conviennent point à une femme de bien, à une mere de famille sans cesse environnée d'objets qui Dourrissent en elle des sentimens d'honneur, et livrée aux plus respectables devoirs de la nature. Ce qui les sépare des hommes, c'est la nature elle-même qui leur prescrit des occupations différentes; c'est certe douce et timide modestie qui, sans songer précisément à la chasteté, en est la plus sûre gardienne; c'est cette réserve attentive et piquante, qui, nourFissant à la fois dans les cours des hommes et les desirs et le respect, sert, pour ainsi dire , de coquetterie à la vertu. Voità pourquoi les époux mêmés ne sont pas exceprés de la regle ; voilà pourquoi les femmes les plus honnêtes conservent en général le plus d'ascendant sur leurs maris; parce qu'à l'aide de cette sage et discrette réserve, sans caprice et sans reflux, elles savent au sein de l'union la plus rendre les maintenir à une certaine distance, et les empêchent de jamais se rassasier d'elles.

mere

3

Par plusieurs raisons tirées de la nature de la chose, le pere doit commander dans la famille: premiérement, l'autorité ne doit pas être égale entre le pere et la mais il faut que le

gouvernement soit un, et que dans les partages d'avis , il y ait une voix prépondérante qui déci. de. zo. Quelques légeres qu'on veuille supposer les incommodités particulieres à la femme, comme elles font toujours pour elle un intervalle d'inaction, c'est une raison suffisante pour l'exclure de cette primauté: car , quand la balance est parfaitement égale, une paille suffit pour la faire pencher. De plus, le mari doit avoir inspection sur la conduite de sa femme, parce qu'il lui importe de s'assurer que les enfans qu'il est forcé de reconnoître et de nourrir n'appartiennent pas à d'autres qu'à lui. La femme qui n'a rien de semblable à craindre, n'a pas le même droit sur le mari. 3°. Les enfans doivent obéir au pere, d'abord par nécessité, ensuite par reconnoissance ; après avoir reçu de lui leurs besoins durant la moitié de leur vie , ils doivent consacrer l'autre à

pourvoir aux siens. 4o. A l'égard des domestiques, ils lui doivent aussi leurs servi

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