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leur homme , c'est-à-dire , à découvrir quelqu'un qui soit encore plus poltron qu'eux, et aux dépens duquel ils puisa sent se faire valoir.

L'opinion reine du monde n'est point soumise au pouvoir des Rois , ils sont eux-mêmes ses premiers esclaves.

Pour ne rien donner à l'opinion, il ne faut rien donner à l'autorité , et la plupart de nos erreurs nous viennent bien moins de nous que des autres.

Rien ne rend plus insensible à la raillerie que d'être au-dessus de l'opinion.

On ne s'ennuie jamais de son état , quand on n'en connoît point de plus agréable. De tous les hommes du monde, les sauvages sont les moins curieux : tout leur est indifférent : ils ne jouissent pas des choses , mais d'eux , ils passent leur vie à ne rien faire , et ne s'ennuient jamais.

L'homme du monde est tout entier dans son masque. N'étant presque jamais en lui-même, il est toujours étranger et mal à sun aise , quand il est forcé d'y rentrer. Ce qu'il est n'est rien , ce qu'il paroît est tout pour lui.

L'honnête homme du monde n'est point celui qui fait de bonnes actions mais celui qui dit de belles choses.

C'est dans les appartemens dorés.qu'un écolier va prendre les airs du monde ; mais le sage en apprend les mysteres dans la chaumiere du pauvre.

Une des choses qui rendent les prédicarions le plus inutiles , est qu'on les fait indifféremment à tout le monde sans discernement et sans choix. Comment peut-on penser que le même sermon convienne à tant d'auditeurs si diverses ment disposés , si différens d'esprits , d'humeurs , d'âges , dle sexes, d'érats et d'opinions ? Il n'y en a peut-être pas deux auxquels ce qu'on dir à tous puisse érre convenable ; et toutes nos affections ont si peu de constance , qu'il n'y a peui-être pas deux momens dans la vie de chaque homme , où le même discours fit sur lui la même impression.

Les récompenses sont prodiguées au bel esprit, et la vertureste sans honneur. Il y a mille prix pour les beaux discours , aucun pour les belles actions,

Les anciens politiques parloient sans cesse des mœurs et des vertus ; les nô tres ne parlent que de commerce et d'argent.

La liberté n'est dans aucune formo de

gouvernement , elle est dans le coeur de l'homme libre, il la porte par-tout ; avec lui l'homme vil porte par-tout la servitude.

Erre pauvre sans être libre , c'est le pire état où l'homme puisse tomber.

Le démon de la propriété infecte tout ce qu'il touche.

Il n'y a point d'association plus commune que celle du faste et de la lésine.

Par-tout où l'on substitue l'utile à l'agréable , l'agréable y gagne presque toujours.

Quiconque jouit de la santé et ne manque pas du nécessaire , s'il arrache de son ecur les biens de l'opinion est assez riche : c'est l'aurea mediocritas d'Horace.

Jamais homme sans défauts eur-il de grandes vertus.

Dans le Nord, les hommes consomment beaucoup sur un sol ingrat ; dans le midi , ils consomment peu sur un sol fertile. De-là naît une indifférence qui rend les uns laborieux et les autres con, templatifs. La société nous offre en même lieu l'image de ces différences entre les pauvres et les richesa Les premiers habitent le sol ingrat , et les autres le pays

fertile.
Je n'ai jamais vu d'homme

ayant

de la fierté dans l'ame, en montrer dans son maintien. Cette affectation est bien plus propre aux ames viles et vaine's.

Le meilleur mariage expose à des hasards ,.ei comme une eau pure et calme commence à se troubler aux approches de l'orage, un cour timide et chaste ne voit point sans quelque alarme le prochain changement de son état.

Une bonne mere s'amuse pour amuser ses enfans, comme la colombe amollir dans son'estomac le grain dont elle veut nourrir ses petits. 1 [lc y a de la peine et non du goût à troubler l'ordre de la nature', à lui arracher des productions involontaires qu'elle donne à regrer dans sa malédiction , er qui , n'ayant , ni qualité, ni saveur, ne peuvent ni nourrir l'estomac, ni flatter le palais. Rien n'est plus insipide que les primeurs; ce n'est qu'à grands frais qu'un tel riche de Paris , avec ses fourneaux et ses serres chaudes , vient à bout de n'avoir sur sa table que de mauvais lé. gumes et de mauvais fruits. Si j'avois des cerises quand il géle, et des melons am

brés au gæyr de l'hiver', avec quel plaiz sir les goûterois-je, quand mon palais n'a besoin d'être humecté ni rafraîchi ? Dans les ardeurs de la canicule le lourd marron me seroit-il fort agréable ? le préférerois-je sortant de la poële, à la groseille , à la fraise , et aux fruits désaltérans qui me sont offerts sur la tetre sans tant de soins ? Couvrir sa cheminée au mois de janvier de végétations forcées, de leurs pâles et sans odeurs c'est moins parer l'hiver que déparer le printems; c'est s'ôter le plaisir d'aller dans le bois chercher la premiere violette , épier le premier bourgeon', et s'écrier dans un saisissement de joie : More tels, vous n'êtes pas abandonnés., la nature vit encore !

Combien d'illustres portes ont des Suisses ou portiers qui n'entendent que par gestes, et dont les oreilles sont dans leurs mains..

La comédie doit représenter au natugel les meurs du peuple pour lequel elle est faite , afin qu'il s'y corrige de ses vices et de ses défauts, comme on ote devant un miroir les taches de son visage.

Le spectacle du monde , disoit Pythagore, ressemble à celui des jeux

olympiques

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