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willing, and I am now willing, to allow him a handsome share of the honour of my conversion; yet I must observe, that it was principally effected by my private reflections; and I still remember my solitary transport at the discovery of a philosophical argument against the doctrine of transubstantiation--that the text of scripture which seems to inculcate the real presence, is attested only by a single sense-our sight; while the real presence itself is disproved by three of our senses—the sight, the touch, and the taste. The various articles of the Romish creed disappeared like a drcam; and after a full conviction, on Christmasday 1754 I received the sacrament in the church of Lausanne. It was here that I suspended my religious inquiries, acquiescing with implicit belief in the tenets and mysteries which are adopted by the general con. sent of Catholics and Protestants.*

little figure, with a large head, disputing and urging, with the greatest ability, all the best

arguments that had ever been used in favour of Popery, Mr Gibbon many years ago became very fat and corpulent, but he had uncommonly small bones, and was very slightly made. S.

* From M. Pavilliard to EDWARD GIBBON, Esq. MONSIEUR,

Juin 26, 1754. J'espère que vous pardonnerez mon long silence, en faveur des nouvelles que j'ai à vous apprendre. Si j'ai tant tardé, ce n'a été ni par oubli, ni par négligence, mais je croyois de semaine en semaine pouvoir vos annoncer que monsieur votre fils avoit entièrement renoncé aux fauses idées qu'il avoit embrassées ; mais il a fallu disputer le terrein pied à pied, et je n'ai pas trouvé en lui un homme léger, et qui passe rapidement d'un sentiment à un autre. Souvent après avoir détruit toutes ses idées sur un article, de manière qu'il n'avoit rien à répliquer, ce qu'il avouoit sans détour, il me disoit qu'il ne croioit pas qu'il n'y eût rien à me répondre. Là-dessus je n'ai pas jugé qu'il fallût le pousser à bout, et extorquer de lui un aveu que son cour desavoueroit; je lui donnois alors du tems pour réféchir;

Such, from my arrival at Lausanne, during the first eighteen or twenty months (July 1753—March 1755) tous mes livrez étoient à sa disposition ; je revenois à la charge quand il m'avouoit qu'il avoit étudie la matière aussi bien qu'il l'avoit pu, et enfin j'établissois une verité.

Je me persuadois que quand jaurois détrit les principales erreurs de l'église Romaine, je n'aurois qu'à faire voir que les autres, sont des conséquences des premières, et qu'elles ne peuvent subsister quand les fondamentales sont renversées ; mais, comme je l'ai dit, je me suis trompé, il a fallu traiter chaque article dans son entier. Par la grace de Dieu, je n'ai pas perdu mon tems, et aujourdhui, si même il conserve quelques restes de ses pernicieuses erreurs, j'ose dire qu'il n'est plus membre de l'église Romaine; voici donc où nous en sommes.

J'ai renversé l'infaillibilité de l'église ; j'ai prouvé que jamais St Pierre n'a été chef des apôtres; que quand il l'auroit été, le pape n'est point son successeur ; qu'il est douteux que St Pierre ait jamaise été à Rome, mais supposé qu'il y ait été, il n'a pas été évêque de cette ville: que la transubstantiation est une invention humaine, et peu ancienne dans l'église ; que l'adoration de l'Euchariste et le retranchement de la coupe sont contraires à la parole de Dieu: qu'il y a des saints, mais que nous ne savons pas qui ils sont, et par conséquent qu'on ne peut pas les prier; que le respect et le culte qu'on rend aux reliques est condamnable ; qu'il n'y a point de purgatoire, et que la doctrine des indulgences est fausse : que le Carême et les jeunes du Vendredi et du Samedi sont ridicules aujourdhui, et de la manière que l'église Romaine les prescrit : que les imputations que l'église de Rome nous fait de varier dans notre doctrine, et d'avoir pour réformateurs des personnes dont la conduite et les neurs ont été un scandale, sont entièrement fausses

Vous comprenez bien monsieur, que ces articles sont d'une longue discussion, qu'il a fallu du tems à monsieur votre fils pour méditer mes raisons, et pour y chercher des réponses. Je lui ai demandé plusieurs fois si mes preuves et mes raisons lui paroissoient convainquantes; il m'a toujours assuré qu’oui, de façon que j'ose assurer aussi comme je le lui ai dii à lui même il y a peu de teins, qu'il n'étoit plus catholique Romaine. Je me fatte qu'après avoir obtenu la

were my useful studies, the foundation of all

my

fu. ture improvements. But every man who rises above the common level has received two educations : the first from his teachers; the second, more personal and important, from himself. He will not, like the fanatics of the last age, define the moment of grace ; victoire sur ces articles, je l'aura sur le reste avec le secours de Dieu. Tellement que je compte vous marquer dans peu que cette ouvrage est fini; je dois vous dire encore que, quoique j'ai trouvé M. votre fils très ferme dans ses idées, je l'ai trouvé raisonnable, qu'il s'est rendu à la lumière, et qu'il n'est pas, ce qu'on appelle, chicaneur. Par rapport à l'article du jeune le Vendredi et Samedi, long tems après que je vous eus écrit qu'il n'avoit jamais marqué qu'il voulât l'observer, environ le commencement du mois de Mars je m'apperçus un Vendredi qu'il ne mangeoit point de viande; je lui parlai en particulier pour en savoir la raison, craignant que ce ne fut par indisposition; il me répondit qu'il l'avoit fait à dessein, et qu'il avoit cru être obligé de se conformer à la pratique d'une église dont il étoit membre: nous parlâmes quelque tems sur ce sujet ; il m'assura qu'il n'envisageoit cela que comme une pratique bonne à la vérité, et qu'il devoit suivre, quoiqu'il ne la crût pas sainte en elle même, ni d'institution divine. Je ne crus pas devoir insister pour lors, ni le forcer à agir contre ses lumières : j'ai traité cet article qui est certainement un des moins importans, des moines fondés ; et cependant il m'a fallu un tems considérable pour le détromper, et pour lui faire comprendre qu'il avoit tort de s'assujettir à la pratique d'une église qu'il ne reconnoissoit plus pour infaillible; que si même cette pratique avoit en quelque utilité dans son institution, cependant elle n'en avoit aucune en elle même, puisqu'elle ne contribuoit en rien à la pureté des meurs, qu'ainsi il n'y avoit aucune raison, ni dans l'insti. tution de cette pratique, ni dans la pratique elle même, qui l'autorisât à s'y soumettre : qu'aujourdhui ce n'étoit qu'une affaire d'intérêt, puisqu'avec de l'argent on obtenoit des dispenses pour manger gras, &c. de manière que je l'ai ramené à la liberté Chretienne avec beaucoup de peine et seulement depuis quelques semaines. Je l'ai engagé à vous écrire, pour vous manifester les sentimens oà il est, et l'état de sa santé ; et je crois qu'il l'a fait.

but he cannot forget the era of his life, in which his mind has expanded to its proper form and dimensions.

(TRANSLATION.) From Mr PavillIARD to EDWARD GIBBON, Esq. Sir,

June 26, 1754. I hope that you will pardon my long silence, in consideration of the news which I have to communicate. If I have delayed, it has been neither through forgetfulness nor negligence; but I have thought, week after week, that I should have the power to announce that your son had entirely given up the false notions which he had embraced; but he has disputed the ground foot to foot; and I have not found him a man of levity, who passes with rapidity from one opinion to another. After having overthrown his arguments upon a point, so that he has had nothing to reply, he has confessed it without equivocation, and told me that he had nothing further to say. On these occasions I have not deemed it expedient to push matters to extremities, and to extort from him anything which his heart might secretly disavow; but have given him time to reflect, and placed all my books at his disposal. When he allowed that he had studied the subject as fully as possible, I returned to the charge, and ultimately I have caused the truth to prevail.

I had been led to believe, that if I could demonstrate the principal errors of the church of Rome, I could make him perceive that the minor ones ought to follow, as not of a nature to exist after the overthrow of fundamentals: but, as I have already observed, I deceived myself, as he thought himself called upon to examine every article thoroughly. By God's assistance I have not however lost my labour; and at present, if even he retains some remains of his pernicious errors, I can venture to say that he is no longer a member of the church of Rome. Here then we are at present.

I have overthrown the infallibility of the church; I have proved that St Peter was never chief of the apostles; that if he had been so, the Pope is not his successor; that it is doubtful if St Peter was ever at Rome; but, supposing he had been there, he was never its bishop; that transubstantiation is a human invention of little antiquity in the church; that the worship of the eucharist, and the withholding of My worthy tutor had the good sense and inodesty to discern how far he could be useful : as soon as he felt

the cup, are contrary to the word of God; that there are saints, but we know not who they are, and therefore cannot pray to them; that the respect and worship paid to relics are condemnable ; that there is no purgatory, and that the doctrine of indulgences is false ; that Lent, and the fasts of Friday and Saturday, are now ridiculous in the manner prescribed by the church of Rome; and that the imputations of that church, when it accuses us of varying our opinions, and following reformers of scandalous conduct and manners, are entirely ungrounded.

You will be aware, sir, that these poiuts imply a lengthy discussion, and that Mr Gibbon required time to reflect upon my arguments, and to meditate replies. I have often inquired if my proofs and reasoning appeared to him convincing; and he has also answered yes in such a manner, that I can venture to assert, as I have said to your son himself, that he is no longer a Roman Catholic. Having obtained the victory thus far, I flatter myself, by God's help, to be equally successful over what remains. Thus I rely, that in a little time the work will be accomplished ; I must not neglect to add, that although I have found Mr Gibbon very firm in his opinions, I have also found him reasonable; he has yielded to conviction when it reached him, and is not what is termed a caviller. In relation to the fast of Friday and Saturday, a long time after I had written to you that he had never signified he would observe it, I perceived one Friday, towards the commencement of the month of March, that he ate no meal. I particularly addressed him to learn the reason, fearing that it was owing to indisposition; he replied that he refrained intentionally, as he held himself obliged to conform to the practice of a church of which he was a member. We then conversed upon the subject, when he assured me that he regarded it merely as a good practice, and one that he ought to follow, but not as holy in itself or of divine institution. I did not think that I ought to insist further upon this point at the time, or feel it necessary to call upon him to act against his own sense of propriety. I have since assailed this observance, which is certainly one of the least importance, and the least founded; it has nevertheless

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