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The following receipt for making sinecures might have been of use to some former Ministers of our own.

Vous me demanderez ce que c'est qu'un secrétaire général ? Cette désignation présente à l'esprit une sorte de factotum qui tient la plume pour tout ; c'est précisément le contraire: le secrétaire général ne tient la plume pour rien ; son métier est de contresigner. Par ex. emple, le ministre prend un arrêté, fait une instruction, ou adresse une circulaire à ses agens ; il signe ces documens. Eh bien ! le secrétaire général atteste que la signature apposée par le ministre, est en effet la signature du ministre. Je me suis toujours demandé pourquoi on avait borné là cette espèce de légalisation ; car vous concevez que, si la signature du ministre a besoin d'être certifiée véritable, la même nécessité semble se présenter pour la signature du secré. taire général ; or, en considerant que ce dernier certificat aurait luimême besoin d'être certifié par un deuxiéme secrétaire général, il faut reconnaître qu'on a applique là le commencement d'un plan qui conduirait droit au système des infinis. Je suis étonné qu'on l'ait arrêté en si bon chemin, car il offrait le moyen le plus sûr, et le moins sujet à critique, de créer des sinécures : il était du moins conséquent dans toutes ses parties, avantage que n'ont pas tous les plans ministériels.'

Some characteristic traits of Napoleon are given; and the praise bestowed upon him in this and in other recent publications shows, that the injunction under which his name so long lay in France has at last been taken off, and that his memory begins to enter into the full possession of its rights. To a ruler who, like him, took the thinking department all upon himself, nothing was wanting but men who could work; and the value which he attached to such downright machines of business is well exemplified in the following ancedote :

· Ces chefs de division étaient la pièce essentielle, la principale roue d'engrenage de la machine administrative : ils recevaient, en premier ordre, la force motrice et la communiquaient à toutes les parties. L'utilité de ces excellens ouvriers était bien connue du chef du governement. Son impatience de savoir, ses questions soudaines, directes et positives, changeaient en une torture les jours de travail de ses ministres. Avant de monter en voiture, ils se chargeaient de renseignemens, de notes et de chiffres ; ils empruntaient le secours de petits calepins, de petits agendas, où la prévoyance la plus ingénieuse inscrivait succinctement des réponses à toutes les questions possibles. Ces pauvres ministres apprenaient cela par cœur, le matin, le soir ; c'étaient leurs racines grecques; mais le malheur voulait souvent que, forts sur la leçon de la veille, ils fussent questionnés sur celle du lendemain. Ils restaient courts.

Parmi les chefs de division, se trouvaient souvent des hommes distingués, dont de bonnes études avaient preparé les esprits à tous les genres de suocès. Jetés, par les circonstances, dans l'administra

tion, qui offre de fréquens moyens de faire ressortir les avantages d'un bon jugement, d'une rédaction prompte, lucide et concluante, d'une discussion serrée et analytique, ceux-la ne tardaient pas à être remarqués par Napoléon ; ils étaient appelés près de lui toutes les fois que le ministre repondait de travers. Lorsque le chef de divi. sion satisfaisait couramment et sans hésitation aux vives interrogations de Napoléon, il revenait ordinairement des Tuileries avec le ruban de la legion d'honneur ou la dignité de conseiller d'Etat. C'était là, madame, un des dédommagemens de ce règne de fer : quand un homme avait du talent, chef, sous.chef ou commis, dans quelque rang obscur que la fortune l'eût placé, Napoléon, de son bras herculéen, le saisissait par les cheveux, a posait sur un piédestal, et disait : Voila ma créature. . . Cette disposition de Napoléon à élever le talent qui languissait dans les bureaux, fut un jour bien voisine de tomber à faux. Le trait est assez comique pour être rapporté. .

• Si nous comptions quelques sujets de mérite parmi nos chefs de division, vous devez bien penser que le destin capricieux ne nous épargnait pas non plus ce qu'on appelle très-communément les gana. ches. Mais il est de ces ganaches qui ont leur talent propre, leur aptitude spéciale, et que souvent un homme supérieur suppléerait mal dans la partie technique qu'elles ont l'habitude de pratiquer.

"M. X. était chef de division, sous le ministère du duc de F. Ce M. X., homme de cinquante ans environ, était honnête et grand travailleur; mais son travail se bornait à recevoir, de tous les points de l'Europe et de la France, des états de situation qu'il dépouillait, dans la vue d'établir combien de soldats étaient présens sous les armes, combien en congé, combien aux hôpitaux. Cette occupation constante avait fait de M. X. une mécanique à additions ; il additionnait ses bataillons au bureau, dans la rue, à table, au lit ; ses rêves et ses cauchemars redemandaient, à sa femme épouvantée une compagnie égarée, une escouade perdue ; il mêlait ses chiffres et ses colonnes à ses communications même d'amitié ou de simple politesse et vous aurait volontiers incorporé pour porter au grand complet le régiment où il lui manquait un homme. M. X. avait en outre la mémoire des lieux où etait situé chaque corps de troupes : sa tête était un véritable livret d'emplacement. '

"Le développement de l'un de ces vastes projets qui ébranlaient le monde conduisant Napoléon à jeter les bases d'une nouvelle organisation militaire, il travailla pendant plusieurs jours avec le duc de F., homme d'un sens droit, d'une raison éclairée, mais dont la mé. moire n'avait rien de comparable à celle de M. X., qui était, dans ce genre-là, une espèce de Lemazurier. Les séances commençaient à devenir laborieuses pour le duc de F., attendu que Napoléon de. mandait incessamment où était le dépôt du 45°., du 54€., du 108°., et que le pauvre duc, à chaque nouvelle question, feuilletait, tour. nait, et retournait l'énorme dictionnaire dont l'avait chargé M. X. “Je orois, dit avec timidité le duc harassé, que la présence de M. X., chef de la division du mouvement des troupes, pourrait être ici utile à Votre Majesté.–Faites-le venir."

"A ces mots, un officier d'ordonnance part, arrive au ministère, emballe le pauvre M. X., l'amène aux Tuileries, et le lance dans le cabinet de Napoléon. Toute autre mémoire que celle de M. X. eût été troublée de ce mouvement et de cette présentation ; rien ne pouvait altérer la sienne. « Bonjour, monsieur ; où sont les trois premiers bataillons du 48e.? —A Ratisbonne - Le quatrième ?--A Ancone, armée d'Italie.--Le cinquième?-Å Vittoria, 4e, corps de l'armée d'Espagne.-Et son dépôt ?-Ostende.- Présens sous les armes ?-3,455.- Hôpitaux ?--223.--Les congés ?-44Détachés ? -Deux compagnies du cinquième.--Aux eaux ?--3.”

• A ce dialogue, dont l'épreuve s'étendit immédiatement à plusieurs corps, avec la même rapidité dans les questions, et le même aplomb dans les répliques, Napoléon reste frappé d'étonnement. Il iire à part le duc de F. « Vous avez-là, lui dit-il, un homme extraordinaire." Puis, se tournant vers M. X. : « Vous pouvez vous retirer ; vous aurez de mes nouvelles. Monsieur le duc de F., reprend alors Napoléon, vous me proposerez demain M. X. pour la place de conseiller d'Etat.--Je prie Votre Majesté de me permettre de lui faire observer que cela n'est point possible.--Comment?-M. X. n'a que des chiffres dans la tête ; il ne saurait pas rédiger un rapport. Pour être conseiller d'Etat....-Eh bien donc ! je lui en fais le traitement." Le bon M. X. avait douze mille francs d'appointemens comme chef de division ; cette séance lui en valut vingtquatre mille.

Ces scènes étaient fréquentes aux temps où tous les bras ne suf. fisaient point au travail et à l'activité qu'exigeaient les colossales entreprises du gouvernement.'

The Commis or Clerks appear to be the class of official persons, with which this painter of mæurs administratives' is best acquainted, having been, himself, it seems, one of that operative body. Accordingly he describes, with much feeling, the scantiness of their salaries and the superabundance of their work; the perpetual alarm in which they are kept by rumours of, retrenchment, and the never-ending trouble which the motions for papers and amendments of the opposition inflict upon them. Benjamin Constant, it appears, has as many official, maledictions showered upon him in Paris as Mr Hume has in, London.

'Je sais bien que les amendemens m'ont mis sur les dents. M.B.. C., auquel on conteste la qualité de Français, , et qui vient de partir pour trouver quelque bonne preuve capable de clore la bouche à ses adversaires, m'a fait, durant toute une session, passer la vie la plus abominablement laborieuse. Je vous déclare, à raison de l'intérêt que je porte à mes anciens camarades, que je fais des væux bien sincères · pour qu'il soit déclaré étranger, archi.étranger,

To the great relief, however, of the Clerks, as well as of the Ministers, the last elections have reduced the ranks of the Op. position to a very manageable number, and the Bureaux are now enjoying comparative repose.

Ce mot d'opposition cause à juste titre l'effroi des employés. Il m'a coûté tant de peines et de fatigues, que ses cinq syllabes agitent encore tous mes nerfs. On a donné de bien vilaines figures aux diables, aux démons et aux sorciers ; l'opposition est plus laide que tout cela : on la voit dans les bureaux, telle que Virgile a dépeint la Renoimée.

Monstrum horrendum, ingens, cui quot sunt corpore plumo,
Tot vigiles oculi subter (mirabile dictu),

Tot linguæ, totidem ora sonant, tot surrigit aures. • Cependant, le dernier trait

Tot linguæ, totidem ora sonant, tombe tout-à-fait à faux : grâce aux dernières élections, l'opposition a perdu plus de quatre-vingts langues : la voilà presque muette. Si j'étais encore commis, je ferais des væux pour qu'elle devint sourde, et qu'elle fût bientôt réduite, comme les éléves de l'abbé Sicard, à ne plus s'exprimer que par signes.'

The same convenient views of economy on which our own Government has sometimes proceeded, in sweeping away whole swarms of unfortunate clerks, while they left the great consumers of the public treasure uncurtailed, by a single shilling, of their spoil, are frequently adopted and acted upon by the Ministers of our neighbours, to whom, indeed, we seem to have afforded an exemplar vitiis imitabile' throughout. This favourite mode of retrenchment is thus pleasantly exposed :

Des députés sont montés à la tribune, et, à l'occasion de la dis. cussion du budget, l'ont fait retentir des phrases que voici, et que je n'invente point ; je copie le Moniteur :

“ Partout d'énormes appointmens, des frais de bureaux immenses, des ARMEES DE COMMIS, surchargent le trésor et insultent à la • misère publique. Les hommes de plume continuent à écraser • l'état et à encombrer les administrations."

Cette sortie, fidèlement reproduite par tous les journaux du lendemain, est le triste avant.coureur d'une prochaine organisation. Elle a porté l'effroi dans le cæur des hommes de plume. Chacun cherche autour de soi s'il a quelque motif de réforme, et tremble d'en rencontrer de trop plausibles. Celui-ci, par exemple, se rappelle. qu'il a un cousin qui a été sous-préfet de l'empire ; cet autre, une sæeur qui fut marchande de modes d'une reine déchue. L'un s'accuse en secret d'avoir plaisanté une phrase de journal ministériel; l'autre, d'avoir été prendre sa demi-tasse au café Lemblin. Tous enfin, en mangeant leur pain sec et en se désaltérant au pot-à-l'eau de ministêre, craignent d'insulter à la misère publique ; ils vaudraient se dis.

simuler qu'ils appartiennent à quelque bataillon deces armées de commis qui surchargent le trésor.

• Le ministre a donné un de ces dîners de cinquante couvrets où le fumet du chevreuil et la vapeur de la truffe réunissent les suffrages et forment les majorités. Il a convoqué pour le soir même deux directeurs et le secrétaire général. Tous quatre sont déjà dans le cabinet de travail. “Messieurs, dit Son Excellence, la Chambre crie contre la bureaucratie ; je dois donner l'exemple d'une grande réforme parmi les employés : il me faut 120,000 francs de'économie. Hélas ! Monseigneur, vous voulez donc mettre à la porte soixante commis à 2,000 francs ?-Combien sont-ils ?-Six cents.-Arrangeze vous comme vous le voudrez, il faut en renvoyer un sur dix.-Soixante personnes, cela fera bien des mécontens.-Renvoyez donc quatre chefs de bureau, huit sous-chefs et vingt-huit commis ; frappez les gros appointemens, et vous ferez mes 120,000 francs avec quarante personnes au lieu de soixante; cela est philanthropique.”

- La base du travail est ainsi arrêtée. Il n'est venu à la pensée d'aucun de ces quatre messieurs qui touchent ensemble 270,000 francs, qu'en prenant à la lettre le conseil de Son Excellence, ils obtiendraient 120,000 francs d'économie, conserveraient encore 150,000 francs, et n'auraient personne à réformer.'

Among other tender ties between the electors and the elected, for which the French are indebted to their imitation of us, those small services, vulgarly called jobs, which Ministerial Members are in the habit of performing for their constituents, have not, it appears, been overlooked ; but, on the contrary, are considered as among the chief blessings of a Representative government. Places in the tobacco department are particularly in request among the electors.

• Remarquez que le système représentatif restauré a donné aux députés une importance qu'ils n'avaient point sous l'empire : leur vote fait les destinées des ministres. Les ministres tiennent le pouvoir ; c'est bien le moins que leur omnipotence accorde des faveurs et des grâces à ceux qui, par le jeu d'une boule, peuvent affaiblir ou détruire cette toute-puissance. Un grand nombre des électeurs provinciaux n'ignorent pas cette source de crédit des députés auprès des ministres, et, dans les choix qu'ils font, accordent, par un calcul de localité, leurs suffrages à quelques-uns de ces notables qui ne connaissent dans toute la France que leur départment.

i Ces députés-là portent dans le cour l'enthousiasme de l'arron. dissement et le fanatisme de la commune. Leur petite ville n'attend d'eux ni opposition, ni discours, ni amendemens : elle en espère des pas et des démarches ; ils sont de ceux auxquels on dit :

Il faut des actions et non pas des paroles. Vous ne sauriez croire jusqu'à quelle profondeur de conviction ils sont pénétrés de ce côté d'utilité de leur mandat. A peine débar. qués à Paris, les pétitions leur pleuvent, et ils en forment de vastes

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