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over ; though what he says upon it is both ingenious and entertaining. He observes that in the most virtuous and flourishing times of Greece, courtezans were much honoured, efpecially at Athens, and had great influence on public affairs : he assigns several reasons for this, but we must refer our Readers to the work itself.

After taking a cursory view of the Grecian women, he proceeds to consider the character of the Roman dames; and draws a very amiable picture of them in the early ages of Rome, when, confining themselves to their houses and families, they were so barbarous and uncivilized that they knew nothing but how to be good wives and good mothers. They passed their time in educating their children, and raising a race of husbandmen and soldiers for the state ;-ignorant of every pleasure but what arose from the performance of their domestic duties.

He goes on to thew that a change of government introduced a change of manners, till, by a gradual degeneracy, an unbounded licentiousness generally prevailed, and vice became too powerful for law.

The influence which Christianity had upon manners in general, and particularly upon the character and manners of women, is strongly marked by our Author; as is likewise the change of manners occasioned by the invasions of the barbarians; one of the most extraordinary revolutions, perhaps, in the an-nals of humanity. That spirit of gallantry which still prevails in Europe, that system which has had so powerful and so extensive an infuence over modern manners and languages, was introduced by saväges, and sprung from the shores of the Baltic, and the forests of the North.

After considering, very distinctly and fully, the sprit of chivalry, and the joint influence of the principles of religion and honour in forming the courage and military character of women during so long a period of time, our Author takes notice of another remarkable revolution, occafioned by the revival of arts and letters in Italy, and wbich introduced a change in the ideas and manners of women. During this period, he observes that a mixture of gallantry and religion, of platonism and poetry, of the study of languages and of laws, of ancient philosophy and modern theology, was the general character both of men and women in Italy.

At this time it was no uncommon thing to see ladies in the pulpit, teaching philosophy and jurisprudence in the public schools, haranguing in Latin before Popes, writing in Greek, and studying Hebrew, &c. Young ladies too, who had studied eloquence, our Author teils us, went more than once, during this period, to Popes and Princes, and exhorted them, in the most pathetic and moving terms, to declare war against the Turks.

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Whilst the ladies were striving thus to equal, or rather to excel the other sex in every walk of science and literature, the gentlemen vied with one another in writing panegyrics upon the talents and virtues of the fair (ex; and during an bundred and fifty years, M. Thomas tells us, there was a confederacy of writers in support of the superiority of the ladies.

Here our Author takes occasion to enter very fully into the famous question concerning the equality or fuperiority of the sexes. He treats it with great delicacy and judgment; and this part of his Essay appears to us the most interesting of the whole: whilst he seems only to point out the several topics, which it would be necessary to enter into a discussion of, in order to determine the question,' and cautiously avoids pafing any decisive judgment, he forms, in our opinion, a very just and impartial eftimate of the talents and virtues of each of the sexes.

We cannot deny ourselves the pleasure of inserting part of what he advances; we shall do it in his own words, it will serve as a specimen of his style and manner :

« Si après avoir comparé les deux sexes par les talents, nous les comparons par les vertus, nous trouverons d'autres rapports. D'abord l'expérience & l'histoire nous apprennent que dans toutes les sectes, tous les pays, & tous les rangs, les femmes ont plus que les hommes les vertus religieuses. Naturellement plus lenfibles, elles ont plus besoin d'un objet qui sans cesse occupe leur ame; elles portent à Dieu un sentiment qui a besoin de se répandre, & qui ailleurs seroit un crime. Avides du bonheur, & je trouvant moins autour d'elles, elles s'élancent dans une vie & vers un monde différent. Extrêmes dans leurs defirs, rien de borné ne les satisfait. Plus dociles sur les devoirs, elles les raifonnent moins, & les sentent mieux. Plus asservies aux bienséances, elles croyent encore plus à ce qu'elles respectent. Moins occupées & moins actives, elles ont plus le temps de contempler. Moins diftraites au dehors, elles s'affectent fortement de la même idée, parce qu'elles la voyent sans cesse. Plus frappées par les yeux, elles goûtent plus l'appareil des cérémonies & des temples ; & la religion des sens infue encore sur celle de l'ame. Enfin gênées par tout, privées d'épanchement avec les hommes par la contrainte de leur sexe, avec les femmes par une éternelie rivalité, elles parlent du moins de leurs plaisirs & de leurs peines à l'Etre suprême qui les voit, & souvent déposent dans son sein des foiblesses qui leur font chères, & que le monde entier ignore. Alors se rappellant leurs douces erreurs, elles jouissent de leur attendrissement même sans se le reprocher; di sensibles fans remords, parce qu'elles le sont sous les regards

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de Dieu, elles trouvent des délices secrettes jusques dans le repentir & les combats. Il sembleroit donc par une fuite même du caractère des femmes, que leur religion devroit être plus tendre & celle des hommes plus forte; l'une tenant plus à des pratiques & l'autre à des principes; & qu'en exaltant les idées religieuses, la femme feroit plus proche de la fuperftition, & l'homme du fanatisme. Mais fi une fois le fanatisme s'empare d'elle, son imagination plus vive l'emportera plus loin; & plus féroce par la crainte même d'être sensible, ce qui faisoit une partie de ses charmes ne contribuera plus qu'à ses fureurs.

• Aux vertus religieuses tiennent de très-près les vertus domestiques; & sans doute elles devroient être communes aux deux sexes: mais ici l'avantage se trouve encore du côté des femmes; du moins elles doivent plus avoir des vertus qui leur sont plus nécessaires. Dans le premier âge, timide & fans appui, la fille est plus attachée à sa mère ; ne la quittant jamais, elle apprend plus à l'aimer. Tremblante elle se raffure auprès de celle qui la protége; & sa foiblesse qui fait sa grace, auge mente encore fa sentibilité. Devenue mère, elle a d'autres devoirs, & tout l'invite à les remplir. Alors l'état des deux sexes est bien différent. Au milieu des travaux & parmi tous les arts, l'homme déployant fa force, & commandant à la Nature, trouve des plaifirs dans son industrie, dans ses succès, dans ses efforts même. La femme plus folitaire a bien moins de ressources. Ses plaisirs doivent naître de ses vertus; ses spectacles font sa famille. C'est auprès du berceau de son enfant, c'est en voyant le souris de sa fille & les jeux de son fils, qu’une mère est heuseure, Et où sont les entrailles, les cris, les émotions puifsantes de la Nature ? Où est ce caractère tout à la fois touchant & fublime qui ne sent rien qu'avec excès ? Est-ce dans la froide indifférence & la triste feverité de tant de pères ? non : c'est dans l'ame brûlante & passionnée des mères. Ce font elles qui par un mouvement aussi prompt qu'involontaire, s'élancent dans les flots pour en arracher leur enfant qui vient d'y tomber par imprudence. Ce sont elles qui se jettent à travers les flammes,

enlever du milieu d'un incendie leur enfant qui dort dans son berceau. Ce sont elles, qui páles, échevelées, embrassent avec transport le cadavre de leur fils mort dans leurs bras, collent leurs lévres sur les lévres glacées, cachent de réchauffer par Jeurs larmes ses cendres insensibles. Ces grandes expressions, ces traits déchirans qui nous font palpiter à la fois d'admiration, de terreur, & de tendresse, n'ont jamais appartenu, & n'appartiendront jamais qu'aux femmes. Elles ont dans ces moments je ne sçais quoi qui les éléve au dessus de tout, qui semble nous découvrir de nouvelles ames, & reculer les bornes connues de la Nature. App. Rev. Vol. xlvii.

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« Considérez les devoirs même d'où naît la fidélité des époux; lequel des deux sexes y doit être plus attaché? lequel pour les violer a plus d'obstacles à vaincre? est mieux défendu par son éducation, par sa réserve, par cette pudeur qui repoufle même ce qu'elle desire, & quelquefois dispute à l'amour les droits les plus tendres? Calculez le pouvoir que la Nature donne au premier penchant & aux premiers noeuds, dans un coeur né lenSible, & à qui jusqu'à présent il a été défendu d'aimer. Cal. culez la force de l'opinion même qui régne avec tant d'empire sur l'un des deux sexes, & qui tyran bisarre, pour les mêmes foiblesses applaudit souvent l'un, tandis qu'il Aétrit l'autre. La Nature attentive, pour conserver les moeurs des femmes, a pris foin ellemême de les environner des barrières les plus douces. Elle a rendu pour elles le vice plus pénible, & la fidélité plus touchante. Non, & il faut l'avouer, ce n'est presque jamais par elles que commence le désordre des familles; & dans les fiécles même où elles corrompent, elles ont été auparavant corrompues par leur fiécle.'

In the remaining part of his Elay, our Author traces the progress and change of manners in France from the time of Francis the first to the present, and we are persuaded that those who are acquainted with the general character of the French ladies of the present day, will allow, that he has drawn a very just and striking picture of them.

Before we dismiss this Article, we must not omit mentioning, in justice to our Author, that, through the whole of his Essay, he discovers a strong love of virtue, and sets the highest value upon those virtues in the fair sex, which are their brightest ornaments, and their greatest praise.

ART. VIII. C. Cornelii Taciti Opera, Or. The Works of Tacitus, revised and

corrected, with a Supplement, and Notes, Differtations, and Geographical Tables. By Gabriel Brotier. 4to. 4 Vols. Paris.

Tacitus. He has been accounted, and with good reason, the most cultivated genius of antiquity; and we must not seek for his parallel in modern times. It is impossible not to admire and recommend, his intimate knowledge of the human heart, the fpirit of liberty which he breathes, and the force and vivacity, with which he perpetually expresses himself. The Reader of taste is struck by the greatness of his thoughts, and the dignity of his narration; the philosopher by the comprehensive powers of his mind; and the politician by the sagacity with which he unfolds the springs of the most secret transactions, Civil liberty

and

and the rights of mankind never met with a boider or a more able afferter : fervitude, debalement, and tyranny appear not in the writings of any other Author in jufter or more odious co: lours. He has been censured as obscure; and, indeed, no. thing can be more certain than that he did not write for the common mass of men. But to those who are judges of his compositions, it is no matter of regret, that his manner is his own, and peculiar. Never were description and fentiment so wonderfully and so beautifully blended ; and never were the actions and characters of men delineated with so much strength and precision. He has all the merits of other historians, without their defects. He possesses the distinctness of Xenophon without his uniformity; he is more eloquent than Livy, and is free from his superstition; and he has more knowledge and judgment than Polybius, without his affectation of reasoning on every occafion.

The edition of this celebrated historian now before us is exact and valuable. The notes and dissertations abound with erudition, acuteness, and good lense. They are not unnecessarily multiplied, and they display nothing of that disgusting pedantry, which too frequently disfigures the productions of the scholar. But though they have great merit, yet still greater praise is due to our Editor, for the supplement he has given of those parts of Tacitus, of which we have been deprived by the injury of time, and the ignorant rage of the Goths and other barbarians. It will be allowed, that he approaches to, and imitates very successfully the language and manner of his great original. The following specimen of his Latinity may be acceptable to out Readers:

• Thrasea, progressus in porticum, illic a quæstore reperitur, lætitiæ propior, quia Helvidium generum fuum Italiâ tantùm arceri cognoverat.

Helvidium & Demetrium in cubiculum inducit: porrectisque utriusque brachii venis, poftquam cruorem effudit, humum super spargens, “ Libemus", inquit, “ JOVI LIBERATORI. Specta, juvenis, & omen quidem dii prohibeant; ceterùm in ea tempora natus es, quibus firmare animum expediat conftantibus exemplis”. Poft lentitudine exitûs graves cruciatus adferente, obverfis in Demetrium oculis, ejusque aspectu & verbis animatus, ainicis oscula offerens, diu eluctatum fpiritum reddidit: vitâ egregius, mortis contemptor, & adversùm præsentia mala adcò fiimus, ut dicere effet folitus, “ Malle se hodie interfici, quàm cras relegari”.

• Fato, ut virtute, pares interiere Soranus & Servilia. Exfilii pænam animi excelfitate nobilitavit Paconius. Monitus enim causam suam agi in fenatu: “ Bene vertat", inquit; "at quinta est hora, frigidâ lavemus”. Poft cùm fe damnatum audillet, « Morte, an exfilio”? interrogat. Nuntiato exfilio, NA 2

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Quid

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